Les directives européennes

Afin de garantir une protection juridique efficace contre la discrimination sur le territoire de l'Union, la Commission européenne exige la transposition par tous les États membres de l'intégralité de la législation communautaire en la matière. Les domaines de l’emploi et du travail sont encadrés par 3 directives récentes :

  • « RACE » 2000,
  • « EMPLOI » 2000,
  • « REFONTE » 2006.

Les autorités européennes encouragent l'adoption de mesures telles que la diffusion d'informations, la sensibilisation, le partage d'expériences, la formation et l'accès à la justice.

La directive européenne « Race »

La directive RACE a pour objet de lutter contre les discriminations raciales ou ethniques. Son champ d’application, public et privé, couvre aussi bien l’emploi, le travail, l’orientation et la formation professionnelle, que l’éducation, la protection sociale, le logement et l’accès aux biens et services.

Ce texte exige principalement :

  • la mise en place, dans chaque Etat de l’Union, d’un organisme indépendant chargé de combattre la discrimination fondée sur « la race » ou « l’origine ethnique » ;
  • de rendre accessible des procédures judiciaires et/ou administratives, et de conciliation aux victimes d’actes discriminatoires ;
  • d’habiliter un certain nombre d’organismes (qu’il s’agisse d’associations, d’organisations ou de personnes morales) ayant un intérêt légitime à agir, à représenter ou à assister les victimes, avec leur consentement.

La directive européenne « EMPLOI » contre les discriminations dans le travail

Son objectif est de combattre les discriminations liées à la religion, aux convictions, au handicap, à l’âge ou à l’orientation sexuelle dans les domaines de l’emploi, du travail et de la formation professionnelle.

Elle complète la directive RACE de telle sorte que, pour le monde du travail public et privé, l’ensemble des directives européennes permet à ce jour de couvrir tous les mobiles de discrimination identifiés par l’article 13 du traité de la communauté européenne.

La Directive « Refonte » en faveur de l’égalité entre femmes et hommes

La Directive RACE et EMPLOI ne concerne pas l’égalité entre femmes et hommes car celle-ci faisait déjà l’objet de plusieurs Directives (1975, 1976, 2002). La Directive « Refonte » de 2006 reprend et abroge les précédentes.

Cette Directive fixe le cadre de la protection contre les discriminations fondées sur le sexe dans le domaine de l’emploi et du travail notamment.

Une fois rappelé que l’égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental du droit communautaire depuis 1976, est affirmée la nécessité d’adopter des mesures spécifiques pour garantir sa mise en œuvre en ce qui concerne l’accès à l’emploi et la formation professionnelle, les conditions de travail et les régimes professionnels de sécurité sociale.

Nota Bene

Détail de la directive RACE, en ce qui concerne le monde du travail

Champs d’application dans le monde du travail

La directive RACE concerne l’emploi et le travail, salarié ou pas, que ce soit en matière de sélection, de recrutement, de promotion, d’orientation professionnelle, d’apprentissage et de formation, de conditions d’emploi et de travail, de licenciement, de rémunération, d’accès à une organisation de salariés ou d’employeurs ou a un corps professionnel.

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Détail de la directive RACE, en ce qui concerne le monde du travail

Champs d’application dans le monde du travail

La directive RACE concerne l’emploi et le travail, salarié ou pas, que ce soit en matière de sélection, de recrutement, de promotion, d’orientation professionnelle, d’apprentissage et de formation, de conditions d’emploi et de travail, de licenciement, de rémunération, d’accès à une organisation de salariés ou d’employeurs ou a un corps professionnel.

Toutes discriminations directes ou indirectes sont concernées par cette directive. Le harcèlement et l’injonction de discriminer constituent des discriminations.

Principes et mise en œuvre

  • Les « actions positives » sont possibles pour assurer la pleine égalité de traitement et les différences de traitement sont légitimes dans un nombre limité de circonstances.
  • Le dialogue social entre les partenaires sociaux et avec les organisations non-gouvernementales doit être favorisé.
  • Les associations et organisations syndicales légitimement concernées doivent pouvoir engager toute procédure judiciaire ou administrative, pour le compte ou en appui du plaignant, avec son approbation.
  • L’accessibilité des procédures judiciaires, administratives et de conciliation visant à faire respecter les obligations de cette directive doit être améliorée.
  • Lors d’une action en justice (sauf au pénal), la personne qui s’estime victime d’une discrimination doit apporter des éléments qui permettent d’en présumer l’existence. Le défendeur doit prouver qu’il n’y a pas eu discrimination (« inversion de la charge de la preuve »).
  • Il faut protéger les personnes contre toute conséquence défavorable suite à une plainte ou à une action en justice visant à faire respecter le principe de l’égalité de traitement (protection contre les mesures de rétorsion).
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Nota Bene

Le détail de la directive emploi

L’article 13 du Traité de la Communauté Européenne, introduit par le Traité d’Amsterdam, accorde des pouvoirs spécifiques à la Communauté pour combattre les discriminations fondées sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle.

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Le détail de la directive emploi

L’article 13 du Traité de la Communauté Européenne, introduit par le Traité d’Amsterdam, accorde des pouvoirs spécifiques à la Communauté pour combattre les discriminations fondées sur le sexe, la race ou l’origine ethnique, la religion ou les convictions, un handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle.

La directive concerne les domaines suivants :

  • Les conditions d'accès à des activités salariées ou non salariées, y compris en matière de promotion,
  • La formation professionnelle,
  • Les conditions d'emploi et de travail (y compris les conditions de rémunération et de licenciement),
  • L’affiliation et l’implication dans une organisation d’employeurs ou de travailleurs ou toute autre organisation professionnelle.

Mise en œuvre et prescriptions aux Etats membres

Les mesures à prendre sont identiques à celles détaillées dans les dispositions de la Directive RACE. Ces mesures visent à établir un cadre général minimal de protection contre les discriminations.

Il faut :

  • Améliorer la défense des droits en renforçant les procédures judiciaires et de conciliations et en octroyant aux syndicats et associations compétentes la capacité d’ester en justice,
  • Aménager la charge de la preuve entre la victime et le défendeur,
  • Protéger les victimes des représailles et notamment du licenciement,
  • Développer le dialogue social et le dialogue avec les syndicats et diffuser les informations adéquates aux organismes de formation professionnelle et de l’enseignement et sur le lieu du travail.
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Nota Bene

Le détail de la directive refonte

Prescriptions aux Etats membres :

Les Etats membres doivent notamment :

  • Encourager les employeurs et responsables de la formation professionnelle à prendre des mesures pour lutter contre toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe, et des dispositions afin d’assurer la protection des droits des femmes en congé de maternité.

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Le détail de la directive refonte

Prescriptions aux Etats membres :

Les Etats membres doivent notamment :

  • Encourager les employeurs et responsables de la formation professionnelle à prendre des mesures pour lutter contre toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe, et des dispositions afin d’assurer la protection des droits des femmes en congé de maternité.

  • Habiliter les associations et organisations à engager une procédure au nom de la personne victime d’une discrimination ou à intervenir à ses côtés.

  • Veiller à ce que les travailleurs continuent à bénéficier d’une protection après la cessation de la relation de travail.

Les États membres sont invités à encourager le dialogue entre les partenaires sociaux et avec les organisations non gouvernementales et à mettre en place des sanctions effectives, proportionnées et dissuasives. L’interdiction de toute discrimination n’est pas contradictoire avec le maintien ou l’adoption de mesures spécifiques (« action positive ») visant à prévenir ou à compenser les désavantages subis par un groupe de personnes d’un même sexe –les femmes le plus souvent.

Actualité européenne :

2007 «Année européenne de l’égalité des chances pour tous.» Elle est axée sur quatre grands objectifs prioritaires :

  • les droits,

  • la reconnaissance,

  • la représentation,

  • et le respect.

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Liens

Stratégie cadre de l’Union européenne pour la non discrimination :

http://europa.eu/scadplus/leg/fr/cha/c10313.htm

La directive européenne RACE 2000/43/CE

La directive européenne RACE 2000/43/CE relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de « race » ou d’origine ethnique, adoptée par le Conseil de l’Union Européenne du 29 juin 2000. Journal officiel n° L 180 du 19/07/2000 p. 0022 – 0026 :
http://europa.eu.int/infonet/library/m/200043ce/fr.htm

La directive européenne Emploi

La directive européenne Emploi ou « Directive 2000/78/ CE du Conseil du 27 novembre 2000 portant création d’un cadre général en faveur de l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail »
http ://europa.eu/scadplus/leg/fr/cha/c10823.htm

La Directive Refonte

Directive 2006/54/CE du Parlement européen et du Conseil, relative à la mise en œuvre du principe de l’égalité de traitement entre femmes et hommes en matière d’emploi et de travail.
http://www.femmes-egalite.gouv.fr/.../directive.pdf